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Essai : TES 246 Versus : test grandeur nature sur le Bassin d'Arcachon

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Sur le Bassin, les plaisanciers qui pratiquent la voile sont unanimes ou presque : un quillard n’a pas grand-chose à faire dans les chenaux peu profonds et s’interdit la plupart des spots les plus sympas. Pas question d’échouer à moins de mettre en place des lourdes et encombrantes béquilles. Et annexe obligatoire… La solution pour profiter à fond du Bassin : un dériveur intégral comme le TES 246 Versus !

Une construction soignée

Côté construction, nous avons affaire à un polyester de bonne facture, avec résine isophtalique NGA anti-osmose. L’application de cette résine se fait au contact. Les bandes de couleur sont teintes dans la masse. Le chantier polonais a opté pour un contremoule de pont – isolation et limitation des phénomènes de condensation, mais pas pour la coque afin de conserver l’accès aux fonds. Le lest (500 kg) est constitué de billes de fonte noyées dans la résine. La dérive, avec ses 100 kg, participe à la raideur à la toile.

Un moteur inboard sous la barre

Sous la barre, un gros caisson abrite le moteur in-board. L’accès à la mécanique est aisé. Si ça fait plus de bruit dans le cockpit… c’est moins bruyant dans la cabine. En revanche, pour le centrage des poids, ce n’est pas terrible. D’autant que l’étrave est elle aussi bien chargée : delphinière, système de mâtage, ancre et davier déportés. Les balcons, tout comme l’imposant arceau arrière, vont être retravaillés afin d’être plus discrets. A noter : le chantier propose également un moteur hors-bord, en chaise ou en puits.

L’étrave sur la plage

Revenons au Bassin : pour les visiteurs, il est intéressant de se baser au port d’Arcachon – le troisième de France, avec plus de 2 000 places – puisqu’on s’y affranchit des marées. A l’exception du port privé de La Vigne, sur la presqu’île du Cap Ferret, tous les autres ports du Bassin échouent au moins à mi-temps.

Les mouillages restent possibles, mais sont de plus en plus réglementés – interdiction par exemple de rester pour la nuit au banc d’Arguin depuis cette année… C’est justement notre premier objectif. Pour rejoindre cette île de sable, nous coupons à travers les bancs. La dérive du TES se relève toute seule s’il n’y a plus assez de fond. Idem pour le safran pivotant. Il est équipé d’un taquet qui bascule sous charge. En revanche, quand la pelle imposante est remontée, la barre devient très dure et on est contraint d’appuyer avec le pied sur la pelle pour la remettre en position verticale. Mais notre mouton à cinq pattes permet de débarquer à pied sec !

Bonne surprise sous voiles

Le fardage et le déplacement important, associés à la traînée de l’hélice fixe du moteur diesel, nous faisaient craindre de s’ennuyer un brin sous voiles. Mais force est de reconnaître que la grande longueur à la flottaison du 246 – l’étrave inversée y est pour beaucoup – associée à un plan de voilure élancé et une grand-voile à corne se traduisent par des performances très correctes, un cap au près proche de 45° du vent réel et de belles accélérations sous spi – nous disposons d’un spi monté sur un enrouleur qui fonctionne parfaitement.

Tirer des bords au pied de la dune…

A l’Est du banc d’Arguin, l’imposante dune du Pilat. Même si elle a perdu 4 ou 5 mètres de hauteur l’hiver dernier, franchement celane se voit pas. Cette imposante montagne de sable reste un bout de Sahara échoué entre pins et océan. Le TES se faufile entre les baigneurs pour goûter à l’eau turquoise.

Un plan de pont fonctionnel

Tirer des bords très courts est facilité par un plan de pont fonctionnel : le cockpit est en forme de lyre afin de faciliter la circulation vers l’arrière. C’est que là, sur le tableau, tout a été mis en œuvre pour faciliter l’embarquement et la baignade avec deux bancs rabattables et surtout des plates-formes de bains, elles aussi rabattables. Une table est proposée en option. Les hiloires sont plutôt fines, mais protègent efficacement le cockpit.

 

L’axe de la descente est décentré sur tribord afin de concentrer les manœuvres – 9 bloqueurs – sur un seul winch, à bâbord. Les passavants n’excèdent par endroit pas 20 cm mais la circulation reste aisée. Des mains courantes équiperont prochainement le rouf et la capote.

Conche du Mimbeau, réservée aux petits tirants d’eau

A deux heures de la pleine mer, même avec un petit coefficient de marée, le TES peut s’aventurer dans un petit havre de paix au pied du phare du Cap Ferret. A vitesse réduite, dérive et safran relevée, le 246 reste manoeuvrant dans moins de 50 cm d’eau. Quartiers ostréicoles typiques, yuccas sauvages… voilà un excellent abri où malheureusement on ne peut plus dormir à bord en juillet et en août.

Cap sur les légendaires cabanes tchanquées

On se console en embouquant, à quelques milles au Nord, les chenaux bordés de pignottes qui mènent à l’île aux Oiseaux. Beaucoup de plaisanciers ici : le plus sûr pour découvrir au plus près les deux emblématiques cabanes sur pilotis est de tirer le TES par l’étrave, avec de l’eau aux genoux.

Port secret de Biganos

Le lendemain, on décide de rendre de remonter l’Eyre, petite rivière qui mène au port de Biganos. Un dédale de chenaux impose d’avoir le nez sur la carte et les jumelles à portée de mains. Le faible coefficient de marée du jour (59) limite la hauteur d’eau à marée haute. Là, le sail drive laboure le fond du chenal, ce qui nous contraint à patienter encore et de ne profiter que des deux heures où le niveau de la mer est maximum. L’accès à ce petit port bariolé de cabanes multicolores est désormais facilité depuis qu’un câble aérien a été démonté.

Test de l’échouage

Débarquer sur la plage, le TES sait faire… et s’échouer ? Nous avons décidé de poser le bateau, histoire de s’en assurer. Les grandes surfaces de sable et de vase du fond du Bassin, comme à Andernos, s’y prêtent parfaitement. Verdict à l’issue des jeux d’eau et plongeons du soir : le TES s’échoue parfaitement à plat et reste stable quelques soient les déplacements de l’équipage sur le pont. Et l’hélice a le bon goût de s’enfoncer discrètement dans la sable, sans faire souffrir l’embase. Reste que l’échouage sur un terrain très dur – une cale par exemple – est à proscrire.

Emménagements tout confort

Nos nuits à bord nous ont permis de goûter au confort offert par le TES – à commencer par une bonne douche chaude, la possibilité de recharger téléphones et autres appareils électriques et même de ses brancher sur du 220V grâce à un convertisseur. On vit à bord comme à la maison ! L’accès peut surprendre, avec ce capot décentré, mais les marches, elles, sont bien dans l’axe du bateau.

Premier constat : il y a du volume, beaucoup, et la lumière naturelle est bien présente. On découvre à tribord une cuisine et une couchette double sous le cockpit. En face, le cabinet de toilette. Le carré s’articule logiquement autour du puits de dérive, invisible sous la table. La hauteur sous barrots est encore importante : 1,80 à 1,82 à l’aplomb de la table.

A l’avant, une autre couchette double. Les rangements sont suffisants pour envisager, à quatre, une croisière d’une semaine. Le travail des menuiseries et la finition en général sont satisfaisants.

Un bilan positif

Transportable, facile à gréer et assez confortable pour vivre à bord, le TES 246 Versus convaincra ceux qui ne souhaitent pas forcément naviguer tous les ans sur le même plan d’eau – et/ou les plaisanciers qui ne disposent pas d’une place de port.

Source: arcachon - Google News