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Bordeaux : comment la technologie Numii veut révolutionner la santé au travail

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Source: www.sudouest.fr

Les troubles musculo squelettiques, ou TMS, c’est sans doute LE sujet de préoccupation de nombreux acteurs des industries d’assemblage, surtout dans un contexte d’allongement du temps de travail, de départs à la retraite tardifs et, de fait, de vieillissement de la population ouvrière. Un enjeu sociétal et économique majeur également puisque l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, estime son coût à 467 milliards d’euros, soit 3,3 % du produit intérieur brut de l’Union Européenne.

En France, lors de l’année 2016, les TMS indemnisés ont représenté environ un milliard d’euros de frais de santé et plus de 10 millions de jours d’arrêt maladie selon la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés.

Une collaboration AIO – Inria

Des données qui ont interpellé Cyril Dané et son équipe de la société AIO (Pessac), spécialisée depuis sa création en 2011, dans la mise au point d’équipements d’assistance aux gestes. Une science, venue du Japon, baptisée Karakuri Kaizen dont AIO est le leader européen fortement implanté dans l’industrie automobile (Renault, PSA, Toyota, Nissan, BMW).

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Depuis deux ans, dans le plus grand secret, la société pessacaise développe, en collaboration avec l’ organisme public de recherche en numérique l’Inria Bordeaux, un objet connecté industriel baptisé Numii. Installé à proximité immédiate d’un salarié, Numii peut mesurer ses efforts, ses gestes, analyser ses conditions de travail, bruit et température.

Numii, objet bienveillant ?

Ne nécessitant aucun port d’équipement particulier pour l’opérateur, Numii n’est pas intrusif, assure Cyril Dané, le président d’AIO.

Numii permet aux entreprises de visualiser instantanément sur une tablette les postures d’inconfort, puis de prendre des mesures correctrices et/ou apporter un suivi individuel de la santé de chaque salarié, les aider à identifier les zones à risques. Cela doit permettre aux entreprises de faire les bons choix d’investissements pour une meilleure santé de leurs collaborateurs .

Pour accomplir sa mission Numii collecte de très nombreuses informations… « Toutes les données collectées, retraitées, rendues anonymes, vont permettre de créer l’unique base de données sur le travail humain qui sera mise à la disposition de la recherche médicale » assure Cyril Dané. En matière de collecte de données de santé au travail, l’objectif d’AIO, société soutenue par Bpifrance et la Région Nouvelle-Aquitain, est ambitieux.

Premiers clients dans l’industrie automobile

Via Numii, la société espère mettre une base de 1 million de mesures d’ici fin 2018, à la disposition des chercheurs Cette innovation, qui est actuellement au stade de pré-industrialisation, sera officiellement présentée lors du prochain salon CES Las Vegas, salon international de l’innovation technologiques qui aura lieu du 9 au 12 janvier prochain.

La commercialisation de l’objet, via des abonnement mensuels tout inclus (tablette, logiciel cloud et Numii) à hauteur de 25 à 30 euros par analyse de poste, interviendra à la fin du premier trimestre 2018, mais AIO doit livrer son premier client industriel en février prochain. Trois constructeurs automobiles sont en discussion actuellement pour adopter Numii, sorte « d’ergonome numérique » .

Source: www.sudouest.fr