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A Toulouse, le trésor des Labouche, 23 000 cartes postales de la région d'antan

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Les éditions Privat viennent d’éditer un livre de photographies, retraçant l’histoire de Labouche frères. L’entreprise familiale toulousaine, a édité, pendant près d’un siècle des cartes postales de toute la région, d’Arcachon aux Pyrénées-Orientales. Un fonds précieux qu’a analysé, dans cet ouvrage, la responsable des fonds photographiques aux archives départementales de Haute-Garonne, Sandrine Bouiller.

Sandrine Bouiller.

Crédit photo : DR

« Sud Ouest Dimanche » Qui étaient les frères Labouche ?

Sandrine Bouiller L’histoire de la maison Labouche commence avec l’installation de l’imprimeur et lithographe Hector Labouche, sous les arcades de la place du Capitole, à Toulouse, dans les années 1860. L’imprimerie et l’appartement sont situés au-dessus de la librairie. À son décès en 1882, la société se retrouve entre les mains des frères, Lucien et Eugène. Le commerce prospère grâce à l’édition et à la vente de cartes postales de tout le Sud-Ouest de la France, d’Arcachon au Pays basque, en passant par les Pyrénées et l’arrière-pays toulousain. Au décès de Lucien, sa fille hérite de la boutique. Puis la famille Suarez reprend le commerce en 1966, qui périclite et ferme vers 1980.

Comment en êtes-vous venue à travailler sur cette famille ?

Le Conseil départemental de Haute-Garonne a acheté, en 1993, le fonds Labouche à la belle-fille des repreneurs, qui avait conservé de nombreux documents dans le grenier de sa maison de campagne. Les boîtes étaient classées par départements et zones géographiques. Il y a eu une exposition sur le fonds Labouche dès 1993, un ouvrage, « Gens de Haute-Garonne », et plusieurs expositions virtuelles. Historienne de formation, j’ai eu envie d’en savoir plus. J’ai travaillé pendant cinq ou six ans sur cette masse d’images, y compris sur mon temps libre. J’ai fouillé dans les archives publiques, les états civils, contrats de mariage, hypothèques… Je le faisais pour documenter le fonds et cela a finalement donné un livre.

Le personnage de Lucien Labouche vous a fascinée…

Il a vécu près d’un siècle, de 1864 à 1959. Il a été secrétaire de l’association La Tortue, qui organisait des sorties à vélo. J’ai retrouvé des comptes-rendus. Il a été membre de plusieurs sociétés photographiques, mais aussi de l’Association des Toulousains de Toulouse, pour la défense du patrimoine de la Ville rose.

Pourquoi ces documents sont-ils si rares ?

Ces images sont le reflet de la vie des villages pendant un siècle. On y voit des métiers d’antan, comme les porteurs de glace de Gavarnie ou d’Ariège. En plus des 23 000 cartes postales, on a retrouvé les négatifs nitrate, les tirages photographiques et les originaux annotés. Au total, ces 50 000 documents nous éclairent sur les pratiques d’imprimeur et d’éditeur des Labouche, notamment les recadrages effectués. Certaines photos prises dans les années 1910–1920 ont été rééditées dans les années 1930, après une intervention sur le négatif nitrate pour masquer, à la gouache, une femme à robe longue, par exemple. De la neige a parfois été ajoutée sur les sommets. Les Labouche avaient des photographes attitrés, comme Amédée Trantoul et Henri Jansou. Ce dernier, inscrit comme « voyageur » au registre du personnel, devait être représentant commercial pour les cartes postales.

Il y a beaucoup de supports photographiques des Pyrénées-Atlantiques…

Plus de 8 000 documents concernent en effet ce département : des cartes postales du Béarn, de Biarritz, de Saint-Jean-de-Luz… On voit la grande plage de Biarritz avant 1901, puis avec le premier casino, et ensuite avec le second. Cela prouve qu’il y avait des points de vente là-bas. Tous ces documents témoignent de la naissance de la modernité au début du siècle dernier, l’arrivée des trains, les débuts du tourisme, la construction des routes de bord de mer.

Vous avez également récupéré des archives personnelles des Labouche…

En vidant sa maison il y a deux ans, l’héritière Suarez nous a donné un album de photos et un autre de cartes postales issues de la correspondance des Labouche. Ils partaient souvent en villégiature à Arcachon et à Biarritz, au début du XXe. La femme de Lucien faisait des séjours dans les villes thermales… Ces archives m’ont permis de mieux comprendre la vie quotidienne de la famille et m’ont confirmé leur réussite économique.

« Un siècle en images, le Sud-Ouest vu par Labouche frères », de Sandrine Bouiller, éd. Privat, 288 p., 29,90 €.
 

Source: www.sudouest.fr

https://www.sudouest.fr/2018/11/03/a-toulouse-le-tresor-des-labouche-23-000-cartes-postales-de-la-region-d-antan-5536236-4037.php#xtor=RSS-10521769